AVENIR DU FCFA - Idriss Déby demande à revoir les accords monétaires avec Paris

L’avenir du FCfa a été récemment évoqué par le président sortant de l’Union africaine (Ua) dans le dernier numéro de Jeune Afrique, le Tchadien Idriss Déby Itno, alors que le débat entre pro et anti FCfa bat son plein. Ce dernier a mis le pied dans le plat.

Le chef de l’Etat tchadien est formel : « le moment est venu de revoir en profondeur les accords monétaires avec Paris ». Il ajoute ainsi sa voix à un débat qui fait fureur dans l’espace Uemoa (Union monétaire ouest-africaine). Nombreux sont les intellectuels et les économistes de la zone franc qui exigent de leur pays la création d’une monnaie autre que le FCfa, soulignant que ces Etats ne pourront jamais se développer avec une monnaie aussi forte. Si le président Déby dit ne pas « renier le FCfa », il a souhaité qu’il devienne « la vraie monnaie souveraine des Etats qui l’utilisent ». A noter que le FCfa créé en 1945, est lié à l’euro par un système de parité fixe en contrepartie de laquelle les Etats versent 50 % de leurs réserves de change au Trésor français. Ce qui n’est rien d’autre, pour les détracteurs de cette monnaie qu’une « servitude monétaire ». En effet, les pays utilisateurs de cette monnaie ne peuvent nullement placer leurs réserves dans le circuit bancaire pour qu’elles génèrent des intérêts. Ce qu’a aussi déploré le chef de l’Etat tchadien pour qui la façon dont est gérée actuellement le FCfa est « un frein au développement ».

Le président Déby a dit apprécier le débat actuel. « C’est un très bon débat », a-t-il soutenu, précisant que la gestion du compte d’opérations des exportations de 14 pays africains par le Trésor d’un pays européen, fut-il, l’ancienne puissance, ne peut perdurer éternellement». Idriss Déby Itno a demandé aux autorités françaises « d’accepter d’examiner les accords » avec eux.

D. MANE