Cancer : le retrait du rein n’est plus automatique

Un médecin français est au centre du congrès de cancérologie de Chicago. Il démontre que des patients atteints d’un cancer du rein avec des métastases peuvent préserver leur organe, gagnant ainsi en qualité de vie.

En France, le cancer du rein touche chaque année 13 000 personnes, dont 20 % qui présentent, dès le début, des métastases. Pour celles-ci, c’était jusqu’à présent la double peine. Car la découverte de la maladie signifiait également néphrectomie. En d’autres termes, l’ablation de l’organe qui filtre les déchets du corps. « Dans ce type de cas, c’est une opération souvent lourde, faite sous anesthésie générale, avec plusieurs semaines à l’hôpital et un risque de complications », note le professeur Arnaud Méjean.

Mais cela, c’était avant l’espoir suscité par l’étude Carmena qu’a menée le chef du service urologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris (AP-HP). Les conclusions, sur 450 malades suivis entre 2009 et 2017, sont claires : non seulement un traitement médical seul par thérapie ciblée (le Sunitinib) est aussi efficace que l’actuelle combinaison chirurgie plus thérapie ciblée, mais la survie globale moyenne est même plus importante dans le premier cas. 18,4 mois contre 13,9 dans le second.