Carlos Miranda enfonce les Diack… Massata s’attendait à recevoir 1,3 milliard

Quatre ! C’est le nombre de personnes que Lamine Diack et son fils Papa Massata Diack ont «corrompues» pour acheter des voix au Comité international olympique. Cette «accusation-révélation» a été faite par Carlos Miranda, qui a finalement collaboré avec la justice brésilienne afin d’alléger sa peine. Mieux, accuse-t-il encore, Massata Diack s’attendait à plus que ce qu’il a reçu. Vérité ou «deal» destinée à enfoncer les Sénégalais afin de bénéficier d’une réduction de peine ? 
  
Chez les Diack, à chaque jour suffit sa peine. Dès qu’on a l’impression que les choses se calment, une nouvelle accusation est balancée contre Lamine Diack et son fils. Cette fois-ci, pour la première fois depuis que cette affaire a éclaté, l’un des personnages centraux a parlé. Carlos Miranda, économiste, présenté comme l'instigateur de ce vaste système de corruption, a fini par collaborer avec la justice pour espérer la clémence des juges. Comme l’on pouvait s’y attendre, en matière de collaboration avec la justice, Carlos Miranda a donné des détails qui n’arrangent point Lamine Diack et son fils. En clair, il précise que le pourboire versé à Lamine Diack a servi à acheter quatre voix au Comité international olympique. Pourtant, le bureau du procureur fédéral de Brésil avait déjà des indications que les 2 millions de dollars (environ 1 milliard F Cfa) avaient été distribués par Lamine Diack à d’autres électeurs. Le paiement, selon les enquêteurs, a été effectué sur le compte de l’homme d’affaires Arthur Soares, pour la société de Papa Massata Diack. D’ailleurs, Massata Diack a envoyé un mail à Léonardo Gryner pour indiquer qu’il y avait d’autres bénéficiaires et qu’il y a retard de paiement. Ce qui confirme selon les enquêteurs les propos de Carlos Miranda, c’est que le bureau du procureur français a déjà accusé le Namibien Frankie Frederick d’avoir reçu 300.000 dollars (164.896.777 F Cfa) de la société de Massata Diack. Miranda ne s’arrête pas là. Il a affirmé en effet que le montant du pot-de-vin était plus élevé. Selon lui, «les paiements totalisaient environ 2,5 millions de dollars (1.374.139.815 F Cfa)». En plus du dépôt de 2 millions de dollars, le bureau du procureur général enquête sur quatre transferts effectués peu après l’élection, dont 250.000 dollars (137.413.981 F Cfa) ajoutés dans les caisses de la société de Massata Diack. En plus, les enquêteurs disent que Massata Diack s’attendaient à un transfert de 2,45 millions de dollars (1.346.657.019 F Cfa). 
Samba THIAM