Corée du Sud: Poolus, l’application de covoiturage qui crée la polémique

L’application de covoiturage « Poolus » rencontre un succès fou en Corée du Sud, qui a pourtant banni Uber de ses rues et où le covoiturage est en théorie interdit. Sans surprise, les chauffeurs de taxi sont vent debout contre ces concurrents toujours plus nombreux venus de la nouvelle économie.

De notre correspondant à Séoul,

Les chauffeurs de taxi coréens avaient réussi il y a trois ans à empêcher l’installation du mastodonte Uber. Mais à la place, les Coréens utilisent désormais une application très populaire appelée « Kakao Taxi », qui permet de héler en ligne un taxi dûment enregistré comme tel.

Mais voilà qu’un nouveau et redoutable concurrent vient d’émerger : Poolus, une application de covoiturage qui permet à des chauffeurs non professionnels d’emmener des passagers deux fois par jour, quand ils vont et reviennent de leur travail. Un trajet via Poolus coûte en moyenne deux fois moins cher qu’un taxi, et l’appli rencontre un succès foudroyant : quinze mois après sa création, elle compte déjà 7,5 millions d’utilisateurs.

Poolus profite d’une faille législative

Pourtant, la loi coréenne interdit le covoiturage. Mais Poolus s’est engouffré dans une faille législative : une loi datant des années 1990 autorise le covoiturage quand il s’agit d’aller au travail. A l’époque, le développement foudroyant de la Corée du Sud avait permis la généralisation de l’automobile, provoquant des embouteillages monstres. Il fallait réduire le trafic.