Heureux comme Erasmus à Grenade

Ils ont grimpé sur les hauteurs de la ville pour le petit miracle quotidien. Le soleil sur Grenade est passé à feu doux. L’ombre mauve s’étend sur l’Albaicín, l’ancien quartier maure. En bas, les premières lueurs électriques scintillent au pied des grandes vagues bleutées de la Sierra Nevada. Sur sa colline, le palais doré de l’Alhambra flotte sur le vert des ormes et des cyprès. Federico García Lorca avait raison, Grenade a la nostalgie de la mer.

Après avoir passé leurs premières épreuves ce matin, Emma, David, Giacomo, venus de Bologne et Padoue pour une année en médecine, se sont donné rendez-vous en fin d’après-midi pour marcher par les ruelles jusqu’au mirador (belvédère) de Los Olivos.

 

Maintenant, ils attendent la nuit, mêlent l’italien à l’espagnol pour parler de « l’enchantement » qu’est Grenade, de leur séjour qui s’achève et de l’avenir immédiat, cinquième année d’étude en Italie ou stage en Grande-Bretagne, dont ils seront les derniers à bénéficier puisque le Royaume-Uni abandonne l’Europe.

A la même heure, d’autres étudiants, de toutes les nationalités, se retrouvent sur les esplanades de San Nicolás, de San Cristóbal ou de San Miguel Alto, pour le coucher de soleil sur la ville andalouse : « On y vient pratiquement chaque semaine, pour l’apéro, avec un peu de guacamole et d’alcool, c’est magique », confie David, inscrit en master de droit à Poitiers. Les enfants d’Erasmus sont très romantiques.