Jansa, Orban, Kurz: le succès croissant des partis antisystème inquiète l'UE

Le conservateur slovène Janez Jansa, en tête des élections législatives, n’a jamais caché son admiration pour Viktor Orban dont les thèses anti-migratoires semblent décidément faire des émules en Europe. Cet arc nationaliste, qui ne cesse de s’étendre, n’a pas fini d’inquiéter l’Union européenne.

Avec notre bureau de Bruxelles,

L’Union européenne ne se réjouit guère de l’engouement croissant des électeurs pour les régimes illibéraux et autoritaires, alors que les efforts du Premier vice-président de la Commission européenne, le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans, pour amener la Pologne à résipiscence n’avancent que bien lentement. Et un front supplémentaire n’est jamais le bienvenu.

Slovénie: les jeux loin d'être faits

Cela dit, les jeux sont loin d’être faits en Slovénie : le parti de l’ancien Premier ministre et repris de justice, Janez Jansa, arrive certes en tête, mais les ingrédients de la coalition qui devra nécessairement se constituer ne sont pas évidents.

Et, si Janez Jansa devait y parvenir, il devra assurément laisser au vestiaire nombre de ses promesses de campagne les plus radicales : n’est pas Orban qui veut, même si le Hongrois et le Slovène ont en commun d’avoir été, en début de carrière, des militants courageux contre l’ordre communiste dans leurs pays respectifs, et d’avoir tourné le dos par la suite aux valeurs démocratiques de leur jeunesse.

Réaction lente mais méthodique de l'UE

Dans l’Union européenne se dessine cependant – lentement, mais méthodiquement, comme toujours – une réaction aux multiples formes de populisme eurosceptique. Ainsi, le parti démocrate-chrétien des Pays-Bas vient de réclamer l’exclusion du mouvement de Viktor Orban du Parti populaire européen, la structure paneuropéenne des partis conservateurs. D’autres surveillent de près les déclarations sur l’Europe de leur camarade français Laurent Wauquiez, dont le parti Les Républicains (LR), est également membre de ce PPE.

Mais il est tout aussi vrai que les milieux européens devront apprendre à vivre avec la gestion inexpérimentée de mouvements antisystèmes qui, désormais, sont le système.