LAMINE CISSE, NOUVEAU DIRECTEUR DE L’ANAIM

« Développer des infrastructures nécessaires aux activités minières »

Directeur général de l’Agence nationale d’aménagement des infrastructures minières (Anaim), Lamine Cissé n’a d’autre ambition que de mettre son pays, la Guinée, sur les rampes du développement. Cela, à travers une exploitation judicieuse du secteur minier. Dans cet entretien, il revient sur les difficultés traversées et les efforts en cours du Gouvernement mis en place par le Pr Alpha Condé pour développer le pays.

La Guinée a bénéficié d’une croissance positive ces dernières années. Cependant, avec les conséquences d’Ebola et les bas prix des minerais à l’international (le secteur génère 80 % des recettes publiques du pays), l’économie traverse actuellement des temps difficiles. Quelles sont vos prévisions et attentes sur la performance de l’économie guinéenne dans les mois à venir ? Je vous remercie de vous intéresser à notre cher pays, la Guinée qui a connu beaucoup de difficultés avant que le Président Alpha Condé n’accède au pouvoir en 2010. La première chose qu’il fallait faire était de créer des infrastructures nécessaires pour le développement économique de la Guinée. Malheureusement, le pays a été frappé par Ebola.

De nombreuses entreprises ont été entraînées à la catastrophe. De ce fait, toutes les mesures qui ont été proposées par les autorités compétentes en la matière ont été systématiquement appliquées. Justement, ces dernières années, la Guinée a été principalement connue une image négative véhiculée par la crise Ebola malgré son climat attractif. Selon vous, quelles stratégies à développer afin d’inverser la situation à l’international ? La pire perception a été lorsque qu’Ebola s’est répandue en Guinée. Le pays était coupé du monde extérieur, mais le Président Alpha Condé cherchait à présenter le côté positif de la Guinée. Ce n’était pas judicieux d’isoler la Guinée. Au contraire, il fallait apporter son secours au pays pour qu’il sorte de cette situation et puisse faire face au virus Ebola, à ce défi majeur. Alors nous avons constaté que nous étions isolés.

Même le pays le plus proche, le Sénégal ne voulait plus de contact avec la Guinée. En revanche, le Maroc, par exemple, nous a beaucoup soutenus, car nous avons des liens historiques très forts. La France avec laquelle nous avons des relations très fortes, a accepté que nous voyagions, mais avec des contrôles et mesures de sécurité et des conditions sanitaires spéciales qui étaient mise en place. Nous sommes aussi parvenus à aller aux Etats-Unis. Donc, nous n’avons pas été complètement écartés du monde extérieur. D’un point de vue positif, c’est une situation qui a permis à ce que la Guinée soit plus connue qu’il y a quelques années, et de montrer au monde extérieur tous nos potentiels économiques.

 

« Ce n’est pas judicieux d’isoler la Guinéen, au contraire il fallait apporter son secours au pays pour qu’il sorte de cette situation et puisse faire face au virus Ebola ».

Quelles sont les principales mesures que vous avez prises pour développer les infrastructures et les répartir à des acteurs ? L’Anaim est une Agence nationale d’aménagement des infrastructures minières. Elle a été crée en 1996 après la dissolution de l’Ofab (Office de Boké). C’était cette structure qui a vu la naissance de la Cbg (Compagnie des bauxites de Guinée) en 1973 après la signature de la convention de base de 1963. Donc, la vocation de l’Ofab, à l’époque, était la gestion, l’exploitation, la maintenance des infrastructures minières qui existaient et sont aujourd’hui mises à la disposition de la Cbg. Avec la création de l’Anaim, ces prérogatives ont été transférées à la Cbg, en l’occurrence les chemins de fer, le port de Kamsar, la ville portuaire, etc. On a concédé ces infrastructures à la Cbg, et contrepartie, la Cbg paye une redevance. Mais la vocation de l’Anaim, depuis sa création, c’est d’abord l’étude, la conception, la maîtrise d’ouvrage, la levée de fonds pour la construction de toutes sortes d’infrastructures nécessaires pour faciliter l’installation des acteurs miniers qui payent en contrepartie une redevance à l’Etat, à travers l’Anaim.

A la signature de la convention de base en 1963, lorsque la Cbg a été mise en place, l’Etat guinéen n’avait pas de moyens financiers solides pour les constructions. Il s’est donc adossé à l’Etat de Deleware qui a garantie l’Etat de Guinée auprès des institutions financières qui, à leur tour, ont mis à la disposition de la Guinée les moyens financiers permettant de construire le chemin de fer, le port de Kamsar et l’hôpital de Kamsar. Il s’agissait, à l’époque, d’un apport d’à peu près 100 millions de dollars. La Guinée a pu amortir et rembourser l’ensemble de cette dette en 1992. Depuis le chemin de fer, le port, l’hôpital de Kamsar et la ville portuaire de Kamsar sont devenus pleinement des propriétés de l’Etat. Aujourd’hui, l’autre vocation d’Anaim est le développement et la création des infrastructures.

La Guinée a connu de nombreux problèmes dans son développement économique, ce qui fait que l’Etat n’a actuellement pas les moyens ou les ressources financières nécessaires pour créer de nouvelles infrastructures. Il faut réfléchir à un autre mécanisme puisque la demande est grandissante et il y a assez d’acteurs miniers qui veulent utiliser les mêmes installations. Nous avons créé le principe de la mutualisation de ces infrastructures. Puisque l’Etat n’a pas de moyens de créer de nouvelles infrastructures, il faut mettre en place des conditions nécessaires pour que tous les utilisateurs puissent utiliser ces mêmes infrastructures. Cet accord permet à l’ensemble des utilisateurs d’utiliser le même chemin de fer. Ils vont donc utiliser ce chemin de fer en fonction des capacités allouées à chaque utilisateur.

 

En quoi les investisseurs peuvent-ils aider l’Anaim à se développer ? L’Etat, à travers l’Anaim, est propriétaire de toutes les infrastructures existantes et de celles qui seront créées. Le professeur Condé a la vision de faire du secteur minier le levier du dé- veloppement socio-économique et c’est pourquoi nous sommes en train de développer, autant que possible, différents partenariats publics-privés. Donc l’Anaim, en ayant pour vocation le dé- veloppement et la création des infrastructures, ouvre ses portes à tous les investisseurs soucieux d’investir dans le secteur minier. En effet, nous avons beau vouloir exploiter et produire la bauxite, s’il n’y a pas les canaux d’évacuation, cela ne se servirait à rien.

Le levier est donc mis sur les infrastructures pour le développement du secteur minier. Au niveau du corridor central, c’est la même question : la demande est grande et le port Kamsar est sous exploité. Nous voulons en faire une zone franche, en nous inspirant de l’exemple de Fria. Dans la zone du corridor nord-ouest nous pensons également à développer une zone franche des activités auxiliaires aux mines. Aujourd’hui, il y a une société de raffinerie qui va se créer au niveau de Kamsar. Il y a également des partenaires qui sont intéressés à construire des centres de stockage de produits pétroliers et gaziers assurant ainsi la sécurité pour l’Etat. Tous ces gens vont vouloir évacuer leurs produits. Ils vont utiliser les installations et par conséquence, nous sommes à la recherche d’investissements pour développer le port de Kamsar, mais aussi créer de nouvelles infrastructures comme au niveau des chemins de fer. En effet, la capacité transportée s’accroit, ce qui pourrait avoir un impact sur l’infrastructure existante.

La production de la bauxite repré- sente à peu près 10 % de l’ensemble des exportations guinéennes, donc il y a évidemment matière à investir dans ce secteur. En plus du poste de Directeur général de l’Anaim, nous vous savons militant de la première heure du parti du professeur Alpha Condé, le Rpg Arc en ciel. Quels enseignements au sein du parti Rpg Arc en ciel, vous permettant de réussir comme chef d’entreprise C’est le lieu de remercier le Professeur Alpha Condé. Je lui exprime toute ma reconnaissance et toute ma gratitude de m’avoir choisir parmi tant de jeunes. La Guinée a une population d’environ 12 millions d’habitants. Quand on a la chance, en tant que jeune, d’être à la tête d’une des plus grandes entreprises de Guinée, il est vrai que c’est une grande marque de confiance. Pour cela, tout mon combat, au-delà de mon engagement politique auprès du Professeur Alpha Condé, s’inscrit dans l’accompagnement du professeur dans la lutte digne et noble de sortir de notre pays de la situation dans laquelle il se trouve depuis tant d’années. Tout le combat politique qu’il mène depuis tant de d’années est nécessaire pour que ce pays émerge, malgré les temps difficiles passés.

Pour un développement socio-économique, le commencent, c’est l’électricité et le professeur Alpha Condé a perçu cela. C’est pourquoi, il a tout fait pour que le projet hydroélectrique du barrage de Kaléta voie le jour. C’est à travers cela, que les petites et moyennes entreprises ou industries peuvent se développer De plus, beaucoup d’économistes pensent qu’on peut créer grand nombre d’emplois dans le secteur agricole mais pour cela il faut également développer l’électricité. Donc, je pense que le professeur est sur le bon chemin et je crois qu’il va réussir son pari de faire de ce pays un pays émergent dans quelques années. Avant d’être nommé directeur général d’Anaim, vous étiez directeur administratif et financier de la même structure. Fort de cette expérience au sein de cette entreprise, quelle vision avez-vous pour les mois à venir ? Compte tenu du potentiel minéral de notre pays, il est du devoir de l’Anaim de s’inscrire dans une dynamique de développement des infrastructures, nécessaires aux activités minières. Aujourd’hui, à l’instar de ce qui a été fait dans la région de Boké, vu la demande des nouveaux acteurs miniers pour l’utilisation du chemin de fer Kindia-Conakry et du port de Conakry, notre ambition est de trouver des moyens de financer des nouvelles infrastructures dans la région mais également de créer un environnement pour l’utilisation de ces infrastructures.

A ce sujet, nous entendons explorer et tirer des vertus du partenariat public-privé pour contribuer à permettre le développement du secteur minier en Guinée. Mon objectif est de faire de l’Anaim un acteur incontournable dans le développement des activités minières en m’appuyant sur le potentiel de notre pays détenteur des deux tiers de bauxite, afin de répondre aux attentes des acteurs miniers en termes d’infrastructures et équipement nécessaires aux activités minières. Les lecteurs de l’eBiz Guides incluent majorité d’hommes d’affaires et de politiciens parmi les plus influents du monde entier. Quel message final voulez-vous leur transmettre sur les raisons d’investir en Guinée ainsi que sur l’Anaim ? Pour que les investisseurs s’intéressent à un pays comme le nôtre, il y a un certain nombre de conditions qui doivent être définies. Nous sommes dans un pays, aujourd’hui, ou le droit prévaut et ou les droits des investisseurs sont garantis.

Nous pouvons dons inviter les investisseurs à s’intéresser à la Guinée, dans tous les secteurs, que ce soit le secteur agricole, le secteur de l’énergie ou du tourisme. Tous les secteurs sont développer et celui qui nous intéresse principalement est le secteur minier où il y a assez de potentialités à développer. Alors, nous appelons tous les investisseurs soucieux d’adopter un plus à la Guinée de s’intéresser au secteur minier. Notre vocation aujourd’hui est d’être à la recherche d’aides nécessaires et fiables pour qu’elles puissent nous apporter leur contribution pour développer les infrastructures minières qui pourraient être le levier du dé- veloppement socio-économique de la République de Guinée.