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Le renoncement à la liberté, la rançon de la révolution numerique

Un essai publié par le romancier Marc Dugain et le journaliste d’investigation Christophe Labbé prédit le renoncement des usagers des réseaux sociaux à leur propre liberté et la "disparition" de leur vie privée, au profit des "big data", les grandes entreprises du numérique.

 

Dugain et Labbé ont récemment publié chez les éditions Plon et Robert Laffont "L’homme nu. La dictature invisible du numérique" (189 pages).
 

Ils déclarent que l’humanité est en train de vivre une "révolution numérique" qui "nous dirige vers un état de docilité, de servitude volontaire (…) dont le résultat final est la disparition de la vie privée et un renoncement irréversible à notre liberté". 
 

La mise en danger de la vie privée des usagers du numérique est menée par les "big data", les grandes entreprises de ce secteur, notamment Facebook, Google, Apple, Amazon et Microsoft, selon les essayistes. "Derrière ses douces promesses (…), la révolution numérique a enclenché un processus de mise à nu de l’individu au profit d’une poignée de multinationales, américaines pour la plupart, les fameux +big data+", lit-on dans l’essai.

"Leur intention (celle des "big data", Ndlr) est de transformer radicalement la société dans laquelle nous vivons et de nous rendre définitivement dépendants", soutiennent Dugain et Labbé, rappelant, concernant "la révolution numérique", que tout a commencé dans les années 1980, dans les laboratoires de l’armée américaine, laquelle a inventé Internet.

"Le progrès, aussi fantastique soit-il, a toujours son revers", avertissent-ils, avant d’établir un parallèle entre la révolution engendrée par le pétrole et celle qui découle de l’industrie numérique.

Le pétrole, à l’origine d’une révolution énergétique au début du 20ème siècle, a fini par entraîner "des effets secondaires désastreux pour l’environnement" et menacer "les équilibres fondamentaux de la planète". "Il en est de même pour l’atome qui a révolutionné l’énergie et la santé", le même atome qui "fait peser sur nous une menace de destruction totale", par le biais des outils numériques.

 

"La promesse d’une vie meilleure ensemencée par la révolution numérique ne doit pas cacher le prix exorbitant à payer", même s’il faut reconnaître que "les données massives [des +big data+] vont certainement faire progresser nos connaissances scientifiques comme jamais dans l’histoire de l’humanité", préviennent les auteurs.

"Nous sommes enchaînés à des illusions"
 

Les géants du numérique (Facebook, Google, Apple, etc.) ont ouvert l’ère d’un "homme (…) intégralement connecté", lequel "vivra complètement nu sous le regard de ceux qui collecteront sans fin des informations sur lui". 
 

Les "big data" ont tellement collecté d’informations sur les usagers du numérique qu’à la fin de notre existence "seront consignés sur notre fiche individuelle toute notre intimité, nos habitudes, nos comportements, notre profil commercial, psychologique et idéologique", analysent Marc Dugain et Christophe Labbé.