lutte contre la securité routiere au Sénégal - L’Etat du Sénégal décidé à mettre fin au fléau

Au Sénégal, le nombre d’accidents va crescendo au fil des ans. Malgré les multiples initiatives de l’Etat (sensibilisation, renouvellement des cars, formation des chauffeurs, construction de routes et réhabilitation d’autres…), les pertes en vies humaines ainsi que les dégâts matériels ne cessent d’augmenter. L’Etat a finalement décidé de prendre le taureau par les cornes lors d’un conseil interministériel, le jeudi 9 février dernier, qui a regroupé autour du Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, des membres du Gouvernement et les acteurs du secteur (transporteurs, chauffeurs, usagers et associations consuméristes). De nombreuses mesures ont été prises.

 

Mettre un terme aux nombreux accidents qui occasionnent de lourdes pertes en vies humaines et sèment le désarroi au sein des familles. Tel est le but de cette rencontre. Les chiffres sont effarants. « Rien qu’en 2016, près de 604 morts ont été dénombrées contre 574 en 2015, alors que des efforts importants sont déployés pour la modernisation des routes grâce à l’ambitieux programme autoroutier de 209 km dont 149 km sont en cours et 60 km déjà en service, ainsi que le développement d’un système de transport multimodal marqué le renouvellement du parc automobile très vétuste, notamment des minibus et des gros-porteurs », a rappelé le Premier ministre sénégalais.

Les pertes financières sont tout aussi énormes. « Cette situation coûte au moins 163 milliards de FCfa par an à l’économie, soit 2% du Pib », a précisé le Premier ministre. Selon ce dernier, les facteurs déterminants des accidents tournent essentiellement autour de l’état de la route, de l’état du Véhicule et du comportement humain, « qui se trouve être le plus aggravant ».

Des mesures hardies sont alors préconisées par le chef du gouvernement sénégalais. Elles devront s’appliquer « dans toute leur rigueur ». Dans ce cadre, la mise en place d’un centre national de formation aux métiers de la route et la promotion de nouveaux comportements pour prévenir les accidents de la route sont parues plus que nécessaires. Le conseil interministériel a retenu d’instaurer le permis de conduire à points, qui s’adresse à tous les conducteurs; renforcer le contrôle routier et les sanctions, dans l’optique d’une tolérance zéro; appliquer la réglementation sur la circulation des véhicules dans toute sa rigueur ; lutter contre les prélèvements illicites, par la mise en place de brigades mixtes de sécurité routière ; réformer le code de la route ; moderniser et renforcer le secteur des auto-écoles pour promouvoir l’apprentissage de la conduite  et renforcer le dispositif de secours notamment les services d’accueil et d’urgence des hôpitaux, à travers la poursuite des efforts entrepris pour renforcer le parc d’ambulances médicalisées.

Le gouvernement affirme que 160 ambulances médicalisées ont été réceptionnées entre 2012 et 2016 et autant sont attendues très prochainement. Elles viennent renforcer la cinquantaine acquise entre 2005 et 2012. Au Sénégal, il existe 2 régions très accidentogènes notamment le corridor Dakar-Bamako qui enregistre 400 camions par jour sur les 2 sens et la région de Dakar.

D. MANE