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Mamadou Bamba Ndiaye evoque les liens uniques des dossiers Karim Et Khalifa

Secrétaire général du Mouvement populaire socialiste/Selal, Mamadou Bamba Ndiaye ne s’embarrasse pas de fioritures quand il s’agit de parler de la gestion du président Macky Sall. Dans cet entretien, il déclare que le président  « à la gestion artisanale et de courte vue », compte écarter tous ses adversaires pour rempiler par défaut en 2019 ».

 

Que vous inspire cette affaire Khalifa Sall qui aboutit finalement à un procès ce jeudi ?

J’ai le même pronostic que l’écrasante majorité des Sénégalais et des observateurs étrangers. Le but de ce procès est de condamner le député-maire Khalifa Sall à une peine l’empêchant de défier Macky Sall à la prochaine présidentielle. Cette affaire, de même que les stratagèmes politico-judiciaires utilisés contre le candidat du Pds, Karim Wade, prouve au moins une chose. Macky Sall est parfaitement conscient de son impopularité. Il sait qu’il ne peut pas gagner des élections démocratiques. Il compte sur la force de l’Etat, la Justice, la Sécurité, etc., pour écarter ses principaux rivaux et gagner par défaut. Gagner entre guillemets bien sûr.

Le pouvoir n’a-t-il pas un droit de regard sur la gestion des institutions, dont la Ville de Dakar ?

S’il s’agissait de mettre en œuvre les rapports de l’Ige sur la gestion des collectivités locales, Khalifa Sall aurait été le dernier à être poursuivi. Or, il est seul à l’être. Je vous rappelle que plusieurs maires, dont le propre frère de Macky Sall, et de nombreux autres responsables de son Parti, ont été cités en même temps que le maire de Dakar. Depuis, ils ont tous obtenu d’importantes promotions. Le rapport de l’Ige n’est ici qu’un mauvais prétexte, un instrument de chantage et de liquidation d’un challenger politique.

Quel comportement l’opposition doit-elle avoir face à cette affaire ?

Depuis le début, toute l’opposition fait bloc dans la solidarité avec Khalifa Sall. Il faut s’en féliciter. Nous devons comprendre que les dossiers Khalifa Sall et Karim Wade sont inextricablement liés. Il s’agit d’un seul dossier, celui de la liberté de candidature contre Macky Sall, celui de la liberté de choix des Sénégalais à l’occasion de la présidentielle de 2019. Vouloir empêcher leurs candidatures, c’est faire de la prochaine élection une non-élection, comme les législatives de juillet dernier qui ont installé une majorité parlementaire illégitime.

Est-ce à dire que l’opposition devrait envisager un boycott de ce que vous appelez une non-élection ?

Ce serait plutôt le contraire. A mon sens, il s’agit pour l’opposition de s’organiser davantage pour aider les Sénégalais à contrer efficacement la fraude électorale sur le terrain, y compris dans les lieux et bureaux de vote. Notre cible doit être d’empêcher les fraudes par tous les moyens politiques, juridiques et même physiques.

Le dialogue politique doit-il dépendre de cette affaire Khalifa Sall ?

C’est l’évidence même. La tentative d’invalider les candidatures de Karim Wade et Khalifa Sall est la principale composante du plan de fraude préparé pour 2019. Une élection sans eux serait une non-élection. A propos de dialogue politique, j’ai souri en entendant M. Macky Sall dire qu’il lance un appel à l’opposition. Il fait semblant d’oublier que la balle est dans son camp. C’est lui qui nous doit une réponse.

L’opposition l’a invité au dialogue sur le processus électoral bien avant les dernières législatives. Il y a eu une première rencontre où il a pris des engagements, notamment sur l’audit indépendant du fichier électoral, des engagements qu’il n’a jamais respectés. L’opposition avait soulevé de nombreux autres points sur lesquels il n’a toujours pas répondu, par exemple sur l’organisation des élections par une autorité consensuelle et non par un responsable de son parti. Si M. Sall était sincère, il aurait accepté de poursuivre ce dialogue politique avec l’opposition. Et on serait passé seulement ensuite aux concertations techniques traditionnelles autour du ministre de l’Intérieur. Mais il a choisi de mettre la charrue avant les bœufs. Parce qu’il ne veut pas que le champ soit labouré.

De  manière générale, comment appréciez-vous la gestion du pays, dont les tenants du pouvoir se réjouissent ?

C’est une gestion artisanale, une gestion de courte vue, au jour le jour, caractérisée par l’absence de vision stratégique. Du « taf-yeungeul », comme disent les wolofs. Mais je dois nuancer. J’ai observé que, depuis quelque temps, il a une vision qui consiste à peindre en marron-beige les réalisations du président Wade. Il vient de le faire avec l’aéroport Aibd, après les bus de Dakar-Dem-Dikk. Il va certainement continuer dans les prochaines semaines avec l’hôpital de Guédiawaye et d’autres réalisations et projets du président Wade comme la ville nouvelle de Diamniadio.

Le symbole parfait de l’échec de sa gestion, c’est qu’il ne peut pas peindre en marron-beige ses projets comme les universités de Kaolack et Sébikotane. Parce qu’il s’agit de projets démagogiques qui n’ont pas dépassé le stade de la pose de première pierre. C’est aussi qu’il n’a construit aucun hôpital mais a plutôt fermé celui de Ninéfécha-Kédougou, qui était pourtant très utile à des populations sénégalaises, guinéennes et maliennes.